Le site des Gîtes de Genas

Le manoir est un bon exemple de ces maisons de campagne que se font bâtir les riches marchands valentinois dès la fin du XIVème siècle aux alentours de la ville.

En ville, un hôtel particulier pour la mauvaise saison et le travail, à la campagne, un petit manoir avec un vaste clos de cailloux roulés qui produit fruits, légumes et volailles, mais qui peut servir de refuge en cas de peste. Il constitue aussi un rendez-vous de chasse car la forêt de Fouillouse est toute proche.

Les bâtiments

Le manoir apparaît comme une construction typique des XIVéme et XVème siècle. Une tour avec escalier à vis distribue les étages à deux bâtiments qui se font face sur une courette close. La tour a des fenêtres gothiques trilobées et la porte est défendue par une bretèche. Au premier étage l’escalier à vis se termine par une pièce ronde à la voûte d’ogives sexpartites et par une balustrade ajoutée de motifs cruciformes. Mais une tourelle excentrée permet l’accès à la salle supérieure de guet.

La maison d’habitation construite au nord comporte de vastes salles superposées dont les fenêtres à meneaux et l’agencement intérieur ont été modifiés. La salle du rez-de-chaussée possède une cheminée de quatre mètres de largueur. La salle du premier étage a un plafond à la française et une cheminée de pierre fort simple.

La chapelle

A l’est des bâtiments existe une petite chapelle avec sa fenêtre ogivale et sa charpente taillée à l’herminette comportant des fermes en bois cintré. François de Genas, au milieu du XVème siècle y fit placer un plafond de 144 caissons de bois peint, chacun décoré de monogrammes religieux, des blasons de la famille de Genas et de ses alliances dauphinoises. Le blason des Genas portait deux perdrix rouges sur genêts et également l’aigle des Spifame.

Deux autres curiosités

Tout d’abord, ce qui reste d’un tilleul (a-t-il l’âge de la demeure?) et qui ne vit actuellement que par l’écorce d’un quart environ de l’ancien tronc. Ensuite un simple mur qui limite la propriété derrière la chapelle où une série d’os de tibias disposés bien régulièrement entre les galets.

On peut ajouter que l’on a souvent affirmé que la célèbre porte Dupré Latour de Valence aurait été construite pour François de Genas et qu’on pouvait y retrouver son buste et celui de son épouse. On sait aussi que le domaine de Genas fut légué à l’hôpital St Jean en 1614. En 1780, l’hôpital de Valence le vend à la famille Bérard qui le revend à la famille Urtin.

La famille de Genas

Elle présente le « cursus » typique d’une famille enrichie dans le commerce, accédant aux charges ecclésiastiques et aux hautes fonctions politiques. Leur origine paraît bourcaine puisque les ancêtres se faisaient enterrer à St. Pierre du Bourg; un Jean de Genas fera transporter leur reste à la cathédrale de Valence. Louis de Genas épouse Catherine Spifame d’origine milanaise. Ils n’eurent qu’un seul fils François, né à Valence en 1430. Il fît construire l’hôtel de Genas rue Sabaterie à Valence avec un jardin contigu.

Cet hôtel fut détruit en 1855 pour faire place aux archives départementales d’alors. François de Genas épouse à Avignon le 7 février 1454 Béatrix de Gallien. Ils eurent huit enfants dont deux marchands comme lui (Jean et Guillaume), deux autres (Michel et Renaud), ecclésiastiques, et quatre filles qu’il dotera de 1000 écus d’or. Il mourut à Valence au mois de mai 1504 et il fut inhumé sous le clocher St Apollinaire où la famille avait un caveau.

François de Genas dit "L'illustre"

Il fit une carrière superbe de dimension nationale, du fait d’une amitié durable avec le dauphin Louis, futur Louis XI, lors de son mil en Dauphiné. Le roi, lors d’un pèlerinage au Puy en 1478, séjourna trois jours ici, à Genas, auprès de son ami. Dès 1476, Louis XI nomme François, président de la Chambre des Comptes du Dauphiné, puis Trésorier Général des Finances en 1477. Par la suite, il fut nommé Président des États du Languedoc en 1478 et 1483. Il reçut le collier de l’ordre de St. Michel en 1476.

Homme de confiance, François fit de grosses avances financières à Louis XI dans des moments difficiles, et le chargera ensuite de missions à Rome. Charles VII confirme François dans sa fonction de Trésorier Général et en fit son premier maître d’hôtel en 1492.

Textes récupérés d’un document établi à partir de la revue « Études Drômoises » n°1 – 1997, AUED – la revue drômoise, Société d’archéologie de la Drôme n°458 décembre 1990 et d’un document des archives de la Drôme série 1 n°8 par le comte de Balencourt.

Fermer le menu
felis pulvinar sed leo. ut Curabitur luctus mattis leo mattis diam